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L’ANNONCE D’UN DÉCÈS AU SERVICE D’URGENCES

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MIRAGE
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L’ANNONCE D’UN DÉCÈS AU SERVICE D’URGENCES

Message par MIRAGE le Lun 28 Fév 2011, 17:13

Je vous invite à partager votre expérience

LES MESSAGES
Il s’agit toujours d’un événement humainement grave pour les
familles mais aussi pour le personnel.
Pour en limiter les conséquences :

− il semble prouvé qu’une procédure écrite d’aide à l’annonce du
décès est souhaitable. En effet, la qualité du contact initial avec les
survivants a un impact démontré sur le déroulement du travail de
deuil et les conséquences psychologiques à long terme ;
− pour le personnel, des efforts d’éducation et de formation doivent
être envisagés pour pallier les manques fréquents dans ce domaine de
la formation initiale
.

Les problèmes médico-légaux
Ils ne seront pas détaillés (se reporter au protocole « Certificat de décès »,
I.D 1997). Signalons seulement à ce sujet que :
− la mort est définie par la cessation complète et définitive de la vie. Son
annonce suppose donc une certitude clinique, donc un constat médical ;
− lorsque le médecin est amené à refuser de signer le certificat de décès
(circonstances non connues, suspectes ou douteuses), il faut expliquer aux
familles les problèmes pratiques que cela implique lors des formalités
d’enterrement : c’est essentiellement le retard et une possible autopsie ;
− le médecin reste le seul habilité à donner le diagnostic et la cause du
décès : le secret professionnel n’est pas levé par le décès du patient.
Les décès au service d’Urgences représentent selon les études entre 0,3 et
1 % des passages (augmentation possible avec la généralisation des
UHCD). Les décès survenus au cours d’un transport médicalisé peuvent y
être assimilés (y compris les morts subites du nourrisson).
Il s’agit toujours d’un événement humainement grave qui implique
l’équipe médico-infirmière voire médico-psychologique, les travailleurs
sociaux. Il ne doit jamais être banalisé. De la qualité de la prise en charge
peut dépendre le travail de deuil et d’éventuelles séquelles psychologiques.
Deux situations opposées se présentent :
− le décès est brutal, inattendu, souvent traumatique et concernant des
sujets jeunes voire des enfants. C’est le cas le plus fréquemment rencontré
aux Urgences. La famille et l’équipe soignante n’ont pas établi de relation
préalable, ce qui peut entraîner une méfiance vis-à-vis de la structure
soignante et accentuer les interrogations ;
− le décès est le stade ultime d’une maladie évoluée et la famille
demandera autant un accompagnement ou une aide pour la prise en charge
que des explications.
Qui prévenir ?
Les membres de la famille proche, mais il faut tenir compte d’éventuelles
demandes formulées par le patient de son vivant. Il est souhaitable que
l’équipe soignante s’enquiert de l’existence ou non des personnes à
prévenir dès que l’issue fatale apparaît proche ou le plus rapidement
possible après la survenue du décès.
Si aucun membre de la famille n’est joignable dans
l’immédiat
Un cadre du service ou l’administrateur de garde de l’hôpital prend contact
avec les services de police ou de gendarmerie qui effectueront les
recherches nécessaires.
Si on dispose de leurs coordonnées, il faut leur téléphoner et, après s’être
informé sur ce qu’ils savent de la maladie de leur parent décédé, leur
demander de venir en leur expliquant la gravité de la situation (si
nécessaire veiller à ce qu’un proche les conduise). S’ils posent la question
de savoir si leur proche est décédé, leur répondre par l’affirmative s’il
s’agit d’un décès dû à une maladie évoluée, ancienne, grave.
Si la famille est présente
L’annonce de la mauvaise nouvelle est un moment intense dans la relation
soignant-soigné : elle nécessite une procédure rigoureuse

MIRAGE
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Re: L’ANNONCE D’UN DÉCÈS AU SERVICE D’URGENCES

Message par MIRAGE le Lun 28 Fév 2011, 17:29

Le lieu de cette annonce

Il faut faire asseoir les membres de la famille dans une ambiance calme, à
l’abri des bruits du service, dans un bureau fermé, disposant d’une ligne
téléphonique (pas dans un couloir, ni dans une salle d’examen).

Qui fait l’annonce ?
Le médecin accompagné éventuellement d’un soignant (celui qui a
participé aux derniers soins, qui a déjà rencontré éventuellement cette
famille). Il faut toujours se présenter et indiquer ses fonctions.

Comment l’annoncer ?
Au moment de cette annonce, avoir conscience du poids des mots que les
familles vont entendre, et dont ils se souviendront toute leur vie. Il peut
être nécessaire pour le médecin de s’y préparer, de prendre des conseils et
de préparer des notes. Il n’y a pas de règle, mais il faut savoir prendre son
temps, savoir écouter, toujours répondre aux questions qui sont posées,
aller même au-devant des interrogations. Il faut le faire avec des mots
simples. Éviter le jargon médical et les explications complexes qui peuvent
aboutir à de la confusion. Ne surtout pas donner l’impression de cacher
I.M.2/1999—L’ANNONCE D’UN DÉCÈS AU SERVICE D’URGENCES
quelque chose. Se souvenir que le plus souvent les faits médicaux sont
moins importants que la compassion. Les familles sont souvent sensibles
au fait que le médecin laisse transparaître sa propre émotion et cela est en
tous cas préférable à une annonce froide.
Ne pas hésiter à revoir la famille après qu’elle est allée voir le défunt.

La gestion des réactions
Elle demande du calme et un bon sens du contact humain. En effet, suivant
les cas, on aura des larmes, mais aussi de grandes détresses silencieuses
qu’il faudra respecter, accompagner d’un geste et de quelques mots
simples et apaisants, enfin, parfois des réactions agressives qu’on désamorcera
par des explications simples et claires.
Éventuellement, en cas de contestation, le médecin pourra leur proposer
une autopsie à visée diagnostique dans le cas surtout d’un décès soudain,
inattendu, chez un sujet jeune tel que le permet l’article L. 671-9 de la loi
du 30 juillet 1994.
Il est primordial, lors de cet entretien, de décrire de manière même
succincte, les soins qui ont été prodigués, les circonstances, en soulignant
l’éventuelle absence de souffrance. On évoquera la cause du décès en
termes explicatifs uniquement si elle était parfaitement connue du malade
et s’il n’avait pas formulé d’opposition à la communication de ce
diagnostic.
La famille sera informée qu’elle pourra revenir voir le médecin si,
ultérieurement, des questions sur les circonstances du décès lui apparaissent.
Les coordonnées du service et du médecin peuvent être données par
écrit.

Après l’annonce du décès
Isoler le corps afin de respecter l’intimité de la famille pour qu’elle puisse
exprimer sa douleur.
Rester présent dans l’environnement, mais avec discrétion et mettre à leur
disposition, éventuellement, téléphone, boissons...
Ne pas être surpris par des réactions paradoxales de la famille tels que
rires, conversations futiles, agressivité ou agitation.
Répondre à leurs questions (dans son champ de compétence) et avoir une
démarche d’écoute.
Se rendre disponible, en particulier pour le cadre, afin de les aider dans les
démarches administratives à l’hôpital (obtention du certificat de décès qui
permettra d’obtenir le permis d’inhumer, ce qui suppose que le médecin ait
signé en temps utile le certificat de décès).
Prendre en compte la demande spirituelle pendant l’agonie ou après le
décès : dans la plupart des hôpitaux, la personne chargée du dépositoire
dispose des coordonnées de tous les services religieux disponibles sur la
ville ou dans l’établissement.
L’équipe de soins procédera à la toilette mortuaire et habillera si possible
le défunt selon les souhaits de la famille.
L’ANNONCE D’UN DÉCÈS AU SERVICE D’URGENCES—I.M.3/1999
Ne pas oublier d’établir un inventaire systématique et rigoureux écrit de
façon à éviter toute contestation éventuelle ultérieure sur la perte d’objet.

Annexe 1 — Procédure d’annonce du décès
− Se présenter et indiquer sa fonction.
− S’informer avec soin de l’identité des familles et confirmer l’identité du
défunt.
− Faire asseoir les membres de la famille et s’asseoir.
− Leur demander ce qu’ils savaient de l’état de leur patient.
− Appeler le défunt par son nom.
− Les informer des derniers événements.
− Les rassurer sur le fait qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait faire avant
l’admission.
− Dire « il (elle) est mort(e) » et non « il (elle) nous a quittés » ou « il
(elle) est parti(e) ».
− Les informer éventuellement, sans excès, des manoeuvres de réanimation.
− Leur dire qu’il n’a pas souffert.
− Éviter le jargon médical, ne pas donner trop de détails.
− S’enquérir de leurs désirs en matière religieuse.
− Leur fournir une aide psychologique s’ils le désirent.
− Leur permettre autant que possible de voir le corps (si possible propre)
en expliquant certains aspects (couleurs, aspect, perfusions).
− Les accompagner, les laisser toucher le mort et lui parler.
− Donner à la famille les coordonnées du service et des personnes à
contacter, pour le le cas où ils auraient des questions à formuler ultérieurement.


Protocole no I.M.1/1999

    La date/heure actuelle est Ven 09 Déc 2016, 10:39