Ni la prothèse de genou ni la prothèse de hanche ne vous rendront vos 20 ans !
Publié le 27/06/2010
La pose d’une prothèse totale (PT) de genou et de hanche est la solution ultime et radicale à une arthrose en échec du traitement médical, dans ces localisations. Ces prothèses ont un taux de survie à 10 ans de plus de 90 %. Mais nonobstant cette donnée, peu d’études ont évalué les résultats fonctionnels à moyen et long terme, et l’on ne connaît pas avec précision ce que font gagner les PT en terme de qualité de vie (QdV).
Les auteurs ont donc étudié 2 cohortes de patients opérés pour la pose d’une PT, à 3 ans (n = 232) et à 10 ans (n = 221) de l’intervention et les ont comparées à un groupe témoin de sujets non prothésés. Plusieurs paramètres ont été recueillis en préopératoire et au cours du suivi, incluant, la QdV mesurée par le SF-36, les comorbidités, les autres localisations douloureuses, l’environnement socio-économique et familial du patient. Notons que le SF-36 inclut plusieurs domaines : statut physique, mental, émotionnel et social, douleur physique, état général.
Le taux de suivi est de 84 % à 3 ans, mais chute à 40 % à 10 ans, en partie parce que 20 % des patients étaient décédés à 10 ans. En accord avec la littérature, les PT sont encore en place dans 94 et 98 % des cas à 3 et 10 ans. Cependant, dans les 2 groupes, environ un patient sur deux déclare encore ressentir des douleurs au niveau de l’articulation opérée. Les scores de SF-36 s’améliorent entre les 6 et 12 mois postopératoires, mais restent inférieurs aux scores obtenus dans une population de référence appariée pour l’âge et le sexe (p<0,05), y compris sur la dimension explorant la fonction physique.
En analyse multivariée, les facteurs associés à une QdV moins bonne après PT sont l’âge élevé, le fait de vivre seul, la présence d’autres localisations douloureuses, les comorbidités. La mauvaise QdV préopératoire est prédictive d’une altération de la QdV à 3 ans, mais pas à 10 ans.
Ainsi, cette étude souligne que la pose d’une PT ne résout pas tous les problèmes, et ne permet pas toujours d’améliorer la QdV autant qu’on le souhaiterait. Cela conforte l’attitude habituelle de réserver les arthroplasties aux échecs du traitement médical bien conduit, en évaluant les autres pathologies qui vont limiter l’amélioration du patient.
Dr Laurent Laloux
Rat AC et coll. : Total hip of knee replacement for osteoarthritis : mid- and long-term quality of life. Arthritis and rheumatism (Arthritis Care & Research). 2010; 1: 54-62
Publié le 27/06/2010
La pose d’une prothèse totale (PT) de genou et de hanche est la solution ultime et radicale à une arthrose en échec du traitement médical, dans ces localisations. Ces prothèses ont un taux de survie à 10 ans de plus de 90 %. Mais nonobstant cette donnée, peu d’études ont évalué les résultats fonctionnels à moyen et long terme, et l’on ne connaît pas avec précision ce que font gagner les PT en terme de qualité de vie (QdV).
Les auteurs ont donc étudié 2 cohortes de patients opérés pour la pose d’une PT, à 3 ans (n = 232) et à 10 ans (n = 221) de l’intervention et les ont comparées à un groupe témoin de sujets non prothésés. Plusieurs paramètres ont été recueillis en préopératoire et au cours du suivi, incluant, la QdV mesurée par le SF-36, les comorbidités, les autres localisations douloureuses, l’environnement socio-économique et familial du patient. Notons que le SF-36 inclut plusieurs domaines : statut physique, mental, émotionnel et social, douleur physique, état général.
Le taux de suivi est de 84 % à 3 ans, mais chute à 40 % à 10 ans, en partie parce que 20 % des patients étaient décédés à 10 ans. En accord avec la littérature, les PT sont encore en place dans 94 et 98 % des cas à 3 et 10 ans. Cependant, dans les 2 groupes, environ un patient sur deux déclare encore ressentir des douleurs au niveau de l’articulation opérée. Les scores de SF-36 s’améliorent entre les 6 et 12 mois postopératoires, mais restent inférieurs aux scores obtenus dans une population de référence appariée pour l’âge et le sexe (p<0,05), y compris sur la dimension explorant la fonction physique.
En analyse multivariée, les facteurs associés à une QdV moins bonne après PT sont l’âge élevé, le fait de vivre seul, la présence d’autres localisations douloureuses, les comorbidités. La mauvaise QdV préopératoire est prédictive d’une altération de la QdV à 3 ans, mais pas à 10 ans.
Ainsi, cette étude souligne que la pose d’une PT ne résout pas tous les problèmes, et ne permet pas toujours d’améliorer la QdV autant qu’on le souhaiterait. Cela conforte l’attitude habituelle de réserver les arthroplasties aux échecs du traitement médical bien conduit, en évaluant les autres pathologies qui vont limiter l’amélioration du patient.
Dr Laurent Laloux
Rat AC et coll. : Total hip of knee replacement for osteoarthritis : mid- and long-term quality of life. Arthritis and rheumatism (Arthritis Care & Research). 2010; 1: 54-62


































