Dr Jean-Marc Retbi
Dans les thrombopénies néonatales, la plupart des transfusions de plaquettes sanguines (PS) sont décidées sur la numération des PS pour prévenir des hémorragies, compte tenu du niveau du risque hémorragique.
Ainsi, jusqu'en 2007, deux unités néonatales admettant une centaine d'enfants par mois ont utilisé comme seuils de transfusion les nombres de 100 000 PS/mm³ pour un risque élevé (chirurgie, ECMO, hémorragies), 50 000 PS/mm³ pour un risque moyen (PN <1 500 g, état instable), et 20 000 PS/mm³ pour un bas risque (état stable).
Se baser sur la masse plaquettaire du patient, le produit du nombre de PS par le volume plaquettaire moyen (VPM), permettrait d'intégrer la valeur fonctionnelle des PS circulantes dans la décision de transfusion, les PS étant d'autant plus jeunes et actives que leur VPM est élevé (>8 µ³).
Les deux unités néonatales utilisent ainsi depuis 2008 des masses plaquettaires comme seuils de transfusion : 800 000 µ³/mm³ pour le risque élevé, 400 000 µ³/mm³ pour le risque moyen, 160 000 µ³/mm³ pour le bas risque.
A la suite de ce changement de critères, les transfusions de PS ont nettement diminué, sans augmentation de la fréquence des hémorragies associées à des thrombopénies.
Le pourcentage de nouveau-nés admis transfusés avec des PS d'aphérèse est tombé de 3,6 % en 2007 à 1,9 % au 2e semestre 2008 (p <0,002), mais le nombre médian de transfusions par nouveau-né transfusé est resté égal à 2,0.
La diminution du pourcentage s'est entièrement faite aux dépens des transfusions préventives (p <0,001). Elle ne concerne que les groupes à risque élevé et à risque moyen (réduction du nombre des transfusions de 38 % et de 17 %, respectivement).
Parallèlement, l'incidence globale des hémorragies n'a pas augmenté. Au contraire, celle des hémorragies intraventriculaires sévères (de grade 3 et 4) a diminué, sans doute pour d'autres raisons.
Cette étude comporte plusieurs limitations. Les patients thrombopéniques sont peu nombreux et ne sont pas tout à fait comparables d'une période à l'autre ; les seuils de masse plaquettaire sont déduits des seuils de nombre de PS...
Cependant, intégrer la valeur fonctionnelle des PS circulantes dans la décision de transfuser des PS pourrait réduire les transfusions préventives de PS. Le paramètre proposé, le VPM, est actuellement mesuré par tous les automates d'hématologie. Un essai contrôlé et randomisé à plus grande échelle semble donc justifié.
Gerday E et coll. : Testing platelet mass versus platelet count to guide platelet transfusions in the neonatal intensive care unit. Transfusion 2009 ; 49 : 2034-2039
Dans les thrombopénies néonatales, la plupart des transfusions de plaquettes sanguines (PS) sont décidées sur la numération des PS pour prévenir des hémorragies, compte tenu du niveau du risque hémorragique.
Ainsi, jusqu'en 2007, deux unités néonatales admettant une centaine d'enfants par mois ont utilisé comme seuils de transfusion les nombres de 100 000 PS/mm³ pour un risque élevé (chirurgie, ECMO, hémorragies), 50 000 PS/mm³ pour un risque moyen (PN <1 500 g, état instable), et 20 000 PS/mm³ pour un bas risque (état stable).
Se baser sur la masse plaquettaire du patient, le produit du nombre de PS par le volume plaquettaire moyen (VPM), permettrait d'intégrer la valeur fonctionnelle des PS circulantes dans la décision de transfusion, les PS étant d'autant plus jeunes et actives que leur VPM est élevé (>8 µ³).
Les deux unités néonatales utilisent ainsi depuis 2008 des masses plaquettaires comme seuils de transfusion : 800 000 µ³/mm³ pour le risque élevé, 400 000 µ³/mm³ pour le risque moyen, 160 000 µ³/mm³ pour le bas risque.
A la suite de ce changement de critères, les transfusions de PS ont nettement diminué, sans augmentation de la fréquence des hémorragies associées à des thrombopénies.
Le pourcentage de nouveau-nés admis transfusés avec des PS d'aphérèse est tombé de 3,6 % en 2007 à 1,9 % au 2e semestre 2008 (p <0,002), mais le nombre médian de transfusions par nouveau-né transfusé est resté égal à 2,0.
La diminution du pourcentage s'est entièrement faite aux dépens des transfusions préventives (p <0,001). Elle ne concerne que les groupes à risque élevé et à risque moyen (réduction du nombre des transfusions de 38 % et de 17 %, respectivement).
Parallèlement, l'incidence globale des hémorragies n'a pas augmenté. Au contraire, celle des hémorragies intraventriculaires sévères (de grade 3 et 4) a diminué, sans doute pour d'autres raisons.
Cette étude comporte plusieurs limitations. Les patients thrombopéniques sont peu nombreux et ne sont pas tout à fait comparables d'une période à l'autre ; les seuils de masse plaquettaire sont déduits des seuils de nombre de PS...
Cependant, intégrer la valeur fonctionnelle des PS circulantes dans la décision de transfuser des PS pourrait réduire les transfusions préventives de PS. Le paramètre proposé, le VPM, est actuellement mesuré par tous les automates d'hématologie. Un essai contrôlé et randomisé à plus grande échelle semble donc justifié.
Gerday E et coll. : Testing platelet mass versus platelet count to guide platelet transfusions in the neonatal intensive care unit. Transfusion 2009 ; 49 : 2034-2039

































